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Jordanie

        L'histoire de la Jordanie

Paléolithique

Le Paléolithique est la première et la plus longue période de la Préhistoire, contemporaine du Pléistocène, durant laquelle la société humaine ne produit pas encore sa nourriture et est composée exclusivement de chasseurs-cueilleurs. La population humaine paléolithique est nomade et connaît une faible densité (autour d'1 habitant/km² contre 47 habitants/km² aujourd'hui).

Le Paléolithique commence avec l’apparition de la première espèce du genre HomoHomo habilis, il y a environ 2,5 millions d'années. Cette période inclut l'apparition de notre espèce, Homo sapiens, il y a environ 200 000 ans à 300 000 ans1, son expansion et le déclin des autres espèces du genre Homo. Elle s'achève il y a environ 12 000 ans avec la fin de la période géologique du Pléistocène et le début du Mésolithique. Le Paléolithique recouvre donc environ 95 % de la période d'existence de notre espèce, depuis son apparition jusqu'à nos jours

Les premières traces d'activité humaine dans ce territoire datent de la période paléolithique (de -500000 à -17000 ans avant l'ère chrétienne). Les archéologues ont trouvé des silex et des outils coupants de cette époque

 

Néolithique

Au cours du Néolithique (-8500 à -4500), les populations se sédentarisent dans des villages et augmentent en nombre grâce à la culture des céréales, des pois et des lentilles ainsi qu'à la domestication, principalement de chèvres. Le climat devient de plus en plus chaud et sec dans la partie orientale qui devient progressivement inhabitable une grande partie de l'année entre -6500 et -5500. À partir de -5500, la poterie est introduite en provenance de la Mésopotamie voisine.

Le plus important site jordanien datant du Néolithique se trouve à Ein Ghazal à Amman. Des habitations rectangulaires, divisées en chambres distinctes et parfois avec du plâtre au sol, y ont été découvertes. Les archéologues y ont aussi trouvé des crânes aux orbites oculaires remplies de bitume, comme sur plusieurs autres sites en Jordanie, en Palestine et en Syrie. On a aussi découvert une statue datant de 8000 ans à Ein Ghazal. Elle a un mètre de haut et représente une femme aux yeux énormes, aux bras maigrelets, aux genoux noueux et les détails des pieds y sont remarquables.

 

Chalcolithique

Dans la période chalcolithique (-4500 à -3200), l'usage du cuivre dans les outils se fait plus fréquent, les cultures de l'orge, des dattes, des olives et des lentilles se développent et la domestication des moutons et des chèvres dépasse la pratique de la chasse. Dans le désert, le style de vie devient probablement très semblable à celui des Bédouins actuels. Ghassoul est un village de cette époque découvert dans la vallée du Jourdain. Les maisons y sont faites de briques de boue séchées au soleil et les toits sont constitués de bois, de roseaux amalgamés à de la boue. Certaines de ces maisons ont des fondations en pierre et beaucoup sont organisées autour de larges cours intérieures. Les murs sont souvent peints avec des représentations d'hommes masqués, d'étoiles et des motifs géométriques, qui étaient peut-être liés aux croyances religieuses de cette époque1.

Des villages commencent à construire des fortifications à partir de l'âge de Bronze afin de se protéger des tribus nomades. Les archéologues ont découvert à Bab al-Dhra, dans la vallée de Arabah, d'innombrables tombeaux en forme de puits, parfois avec des chambres multiples, ainsi que des maisons de briques contenant des restes humains, des pots, des bijoux et des armes2. Les centaines de dolmens dispersés partout dans les montagnes ont été datés de la fin du chalcolithique voire du début de l'âge de Bronze.

 

Age de Bronze

Occupée dès la préhistoire (- 200 000), l'essor culturel de la Jordanie, commence vraiment à partir de l'âge du bronze (3000 à 1200 av JC). A cette époque, la Jordanie, reçoit des influences palestinienne et égyptienne. Arrivée de nouveaux nomades : les Amorrhéens dans la région du Jourdain.

 

La jordanie dans l'ancien testament

 

De nombreux royaumes cananéens et sémites sont mentionnés dans la Bible et localisés en Jordanie: les Ammonites, les Édomites, les Moabites, les Amoréens, le Bashân et le Mont Séïr. La conquête du Pays de Canaan par les Hébreux, comme relatée dans le livre de Josué (ces faits ne sont pas vérifiés par l'archéologie), commence par la rive orientale du Jourdain. Selon cette même tradition, la tribu de Ruben, la tribu de Gad et une moitié de la tribu de Manassé restent alors s'installer dans le pays de Galaad. Le premier roi israélite, Saül y intervient pour libérer les habitants de Jabès de l’invasion des Ammonites. Plus tard, le roi araméen de DamasHazaël, conquiert la région, soutenu par les Ammonites et les Moabites à la fin du ixe siècle. Une partie de ce territoire continuera à faire partie du royaume d'Israël jusqu'à sa destruction en -722 par l'Assyrie. Le roi d'AssyrieTeglath-Phalasar III crée la province de Galaad vers -733. En -582, les régions d’Ammon (Amman) et Moab deviennent des provinces babyloniennes pendant le règne de Nabuchodonosor II.

 

La période hellénistique

Au sein de l'empire grec, les Lagides qui succèdent à Alexandre le Grand en Égypte fondent un certain nombre de villes dans la région comme Gadara et Abila. Notamment, en 312 avant l'ère chrétienne, le roi gréco-égyptien, Ptolémée II Philadelphe fonde la ville de Philadelphie, qui deviendra Amman. La ville de Gadara est prise par le séleucide Antiochos IIIlors de sa première invasion de la Palestine en -2183. Le terme Palestine est apparu en l'an 135 seulement, et fait référence à une région géographique, regroupant à la fois l'actuelle Jordanie et l'actuel Israël. Dans l'antiquité, le terme Palestine n'existait pas. La ville est renommée Antiochia Semiramis (ou Antioche) et Séleucie4.

En -169, toute la région au sud d’Amman est sous le contrôle des Nabatéens. Leur capitale est la cité troglodytique de Pétra. Les récits de l'époque hasmonéenne relatent l'affrontement, dans le nord de Galaad, des troupes de Judas Macchabée face à une armée d'Ammonites dirigée par un certain Timothéos. Les Nabatéens y sont décrits comme bienveillants mais se heurtent aux Hasmonéens lorsqu’ils tentent de pénétrer dans le Golan.

En -102, le roi hasmonéen de Judée et grand prêtre de Jérusalem Alexandre Jannée investit Gadara et la prend après un siège de dix mois. Puis il prend Amathonte. En -101, Théodore, tyran de Philadelphie, massacre les troupes judéennes et reprend à Alexandre Jannée les trésors qu’il lui avait pris à Amathonte5. Après avoir maté une révolte chez les Judéens, Alexandre Jannée revient dans le pays de Galaad et de Moab, leur impose un tribut et se tourne de nouveau contre Amathonte. Il trouve la place abandonnée par Théodore et il la démantèle6. Après cette victoire, il subit un revers contre le roi nabatéen Obodas Ier à Garada en Gaulanitide. Cette défaite provoque une nouvelle révolte des Judéens qu’Alexandre Jannée réprime avec férocité. Le roi séleucide de Damas Démétrios III Eukairos est appelé à les secourir. En 88 ou 89 av. J.-C., Démétrios écrase Alexandre Jannée, cette fois la défaite inquiète les Juifs qui se rassemblent autour d’Alexandre Jannée. Devant ce revirement, Démétrios préfère se retirer7Aretas III successeur d’Obodas Ierattaque la Judée (vers 83 av. J.-C.). Alexandre Jannée subit un nouveau revers mais ce dernier parvient néanmoins à agrandir ses domaines. À sa mort en 76 av. J.-C. Alexandre Jannée a pris le contrôle de tout le versant ouest de la montagne de Galaad. Flavius Josèphe énumère les villes prises par Alexandre Jannée sur la rive est du Jourdain et signale qu’il a détruit Pella parce que ses habitants ont refusé de se soumettre aux lois juives8.

Vers 63 av. J.-C., le romain Pompée restaure Gadara pour plaire à Démétrius son affranchi, originaire de la ville9. Démétrius s'était exilé à la suite des guerres menées par Alexandre Jannée et sa politique de judaïsation10. Démétrius, devenu plus riche que son ancien maître11, aurait consacré une partie de sa fortune à la reconstruction de sa ville natale12.

En 57 av. J.-C.Gabinius est nommé proconsul en Syrie. Il sort vainqueur d'un affrontement avec le roi des Juifs Aristobule qu'il remplace par Hyrcan II dont la fonction se réduit à diriger le temple de Jérusalem13. Il dote cinq cités de sénat de notables. Deux de ces villes ainsi gouvernées sont dans le pays de Galaad : Gadara et Amathonte les trois autres JérusalemJéricho et Sephoris sont en Judée et en Samarie (actuelle Cisjordanie 14).

En 40 av. J.-C., les Parthes envahissent la Syrie-Palestine et écartent Hyrcan II. L'armée romaine victorieuse des Parthes permet à Hérode le Grand de prendre le pouvoir en Palestine. En remerciement de ses services Hérode reçoit les villes d’Hippos et de Gadara. La Pérée à l'Est du Jourdain devient un district judéen. À la mort d'Hérode, ces deux villes réintègrent la province romaine de Syrie (4 av. J.-C.)15.

L'administration romaine distingue deux provinces : la Syrie dont Hippos et Gadara font partie tandis que les villes plus à l’est comme Gerasa, Philadelphie et Dion sont dans la province d’Arabie dont la Nabatène fait partie (106)

 

Les Nabatéens

Les Nabatéens sont un peuple arabe commerçant de l'Antiquité vivant au sud de la Jordanie et de Canaan, et dans le nord de l'Arabie actuelle. Après la chute de l'Empire séleucide, ils purent étendre leur territoire vers le nord, jusqu'à la région de Damas. Les auteurs gréco-latins mentionnent leur royaume sous le nom d'Arabie, alors que Flavius Josèphe utilise aussi celui de Nabatène. Leur territoire est frontalier de la Syrie, du nord de la mer Rouge et de la péninsule Arabique, et s'étendait aussi vers l'Euphrate. À la suite de l'intervention de Pompée (64 av. J.-C.), le royaume nabatéen devint un royaume client de Rome, mais il conserva une large autonomie. Sa capitale était la cité de Pétra, située aujourd'hui en territoire jordanien, avec ses grandioses monuments taillés dans le rocher de grès (tombeaux, temples, théâtre).

Leur commerce, grâce à la domestication du dromadaire, se fait sur les pistes provenant du sud de l'Arabie, en transitant par des points d'eau et des oasis où se pratiquait alors une agriculture intensive. Les frontières de cet ensemble ne sont toujours pas très précisément définies. Ils commercialisent principalement les produits de l'Arabie heureuse en direction de la Syrie et de l'Empire romain, mais aussi vers les pays situés à l'est de l'Euphrate.

 

L'époque romaine

Vers 63 av. J.-C., le romain Pompée restaure Gadara pour plaire à Démétrius son affranchi, originaire de la ville9. Démétrius s'était exilé à la suite des guerres menées par Alexandre Jannée et sa politique de judaïsation10. Démétrius, devenu plus riche que son ancien maître11, aurait consacré une partie de sa fortune à la reconstruction de sa ville natale12.

En 57 av. J.-C.Gabinius est nommé proconsul en Syrie. Il sort vainqueur d'un affrontement avec le roi des Juifs Aristobule qu'il remplace par Hyrcan II dont la fonction se réduit à diriger le temple de Jérusalem13. Il dote cinq cités de sénat de notables. Deux de ces villes ainsi gouvernées sont dans le pays de Galaad : Gadara et Amathonte les trois autres JérusalemJéricho et Sepphoris sont en Judée et en Samarie (actuelle Cisjordanie 14).

En 40 av. J.-C., les Parthes envahissent la Syrie-Palestine et écartent Hyrcan II. L'armée romaine victorieuse des Parthes permet à Hérode le Grand de prendre le pouvoir en Palestine. En remerciement de ses services Hérode reçoit les villes d’Hippos et de Gadara. La Pérée à l'Est du Jourdain devient un district judéen. À la mort d'Hérode, ces deux villes réintègrent la province romaine de Syrie (4 av. J.-C.)15.

L'administration romaine distingue deux provinces : la Syrie dont Hippos et Gadara font partie tandis que les villes plus à l’est comme Gerasa, Philadelphie et Dion sont dans la province d’Arabie dont la Nabatène fait partie (106)16. Les gouverneurs romains de la province d’Arabie sont tantôt à Bosra, tantôts à Pétra ou à Gerasa17. La densité du réseau de routes de la région autour de Gerasa et de Philadelphie laissent supposer une extension des zones habitées et cultivées

 

Le Christianisme en Jordanie

Au cours du Ier siècle ap. J.C., le Christianisme se propagea rapidement dans la province romaine d'Arabie mais les Romains persécutèrent les croyants. Plusieurs martyrs furent exécutés en raison de leurs croyances à Madaba, sous l'ordre de l'empereur Dioclétien. Au cours du IVe siècle, l'empereur Constantin se convertit au christianisme, qui devint par la suite la religion dominante dans l'Empire romain. 
Pendant la période byzantine, à partir du Ve siècle, Madaba possédait son propre évêque et de nombreuses églises furent bâties entre les VIe et VII siècles. Les sols ornés de mosaïques sont la marque de cette époque et leur réalisation à Madaba dura jusqu'au VIIIe siècle. En 749 ap. J.C. un terrible séisme toucha la ville qui fut alors laissée à l'abandon. En 1897, trois familles chrétiennes composées de 2 000 individus migrèrent de Kérak, l'ancienne cité des Croisés, à Madaba. Suite à cela, la cité devint presque exclusivement chrétienne. De nombreuses mosaïques furent découvertes lors de la construction de nouvelles habitations et églises destinées à accueillir les nouveaux arrivants.

 

Les périodes islamiques et les croisés

Les habitants d’Udhruh, à l’est de Pétra, se soumettent au prophète Mohammed, et l’ancienne capitale nabatéenne tombe rapidement aux mains des envahisseurs. 635 : L’antique Rabbath Ammon, rebaptisée Philadelphie depuis l’époque hellénistique, reprend naturellement son nom sémitique d’Amman en tombant aux mains des Arabes musulmans, la même année que Jérash. La conquête musulmane est achevée en 636, après la défaite byzantine sur le Yarmouk, même si le calife Omar ne s’empare d’Aqaba qu’en 639. 

 

L’Empire omeyyade

661-750 : Sous l’Empire omeyyade, dont la capitale est fixée à Damas, la région est divisée en deux grandes circonscriptions militaires : Filastin (Palestine) et Urdunn (Jourdain). La conquête islamique n'affecte d'abord que la structure politique, les campagnes au peuplement araméen demeurant longtemps chrétiennes. Des membres de l'aristocratie régnante y possèdent des domaines, comme celui d'al-Fudayn, à Mafraq (au nord-est d'Amman). La région se couvre également de châteaux forts qui sont souvent des centres d'exploitations agricoles comme Qusair Amra, aux portes du désert. VIIIe siècle : Une série de tremblements de terre, en particulier en 747, achève de détruire l’antique cité de Jérash, sérieusement éprouvée depuis deux siècles par les conquérants byzantins, perses puis musulmans. Une nouvelle forteresse édifiée par l’atabeg de Damas sera détruite au XIIe siècle par les croisés.748 : Destruction d’Umm al-Jamal par un tremblement de terre. 749 : Après un premier tremblement de terre en 717, Pella subit un nouveau séisme particulièrement ravageur. La ville ne se relèvera plus, mais y subsistera une occupation humaine au cours des périodes abbaside et mamelouke. 

 

Les Abbassides

750 : Les Abbassides succèdent aux Omeyyades et établissent à Bagdad le centre de gravité de la puissance musulmane. IXe siècle : Fondation d’Ajlun (Qal'at Ar-Rabad) sur un site stratégique dominant la vallée du Jourdain et permettant de surveiller les monts de Judée, le mont Thabor, le plateau du Golan et l’ancienne ville de Gadara (Umm-Qais). Destinée à devenir la capitale d’une province musulmane de « Grande Syrie », elle sera dotée, au XIIe siècle, d’une imposante forteresse chargée de bloquer l’avancée des croisés vers l’intérieur du pays. Détruite par les Mongols au XIIIe siècle, puis utilisée par les Mamelouks comme grenier à grains, elle sera de nouveau érigée en base militaire par les Ottomans au XVIe siècle avant que ces derniers ne lui préfèrent finalement la forteresse de Damas. 

 

Les fatimides, les Ayyoubides, les Mamlouks et les croisés

1100 : Alors que Godefroy de Bouillon n’était qu’« avoué du Saint-Sépulcre », son jeune frère Baudouin, qui lui succède à sa mort, se fait couronner roi, à Bethléem. Véritable fondateur du royaume latin de Jérusalem (1118-1187), Baudouin Ier en repousse progressivement les frontières « Oultre-Jourdain ». 1115 : Baudouin Ie de Jérusalem fait construire à Shaubak – au sud de la mer Morte et au nord de Petra – la forteresse de Montréal, qui doit surveiller le Derb el Hadj, la route du pèlerinage, héritière de l’antique via Nova Trajana. Munie de trois enceintes, la forteresse sera prise par Saladin en 1188. 1142 : Le croisé Payen le Bouteiller décide de construire la forteresse du crac de Moab, imposante citadelle dont les ruines et, surtout, les souterrains se donnent encore à voir dans la ville actuelle de Kérak, à une centaine de kilomètres au sud d’Amman. Ces forteresses permettent aux croisés de contrôler la voie commerciale qui relie Jérusalem à la mer Rouge. 1161 : Lors d’un échange entre le roi Baudouin III de Jérusalem et Philippe de Milly, seigneur de Naplouse, ce dernier cède au roi cette ville et les territoires qu’il possède à proximité et près de Tyr. En contrepartie, le roi lui remet Montréal, Kérak, Ahamant (Amman) et tout le territoire situé entre le Nahr Zerqa (au nord d’Amman) et la mer Rouge. Le tout forme un domaine important, riche en ressources et permettant de contrôler les caravanes venues des rives de la mer Rouge. 1165 : Philippe de Milly abandonne son fief pour entrer dans l’ordre du Temple. Son héritière, Etiennette de Milly, veuve d’Onfroi de Toron, puis de Milon de Plancy, est finalement mariée en 1176 à Renaud de Châtillon, « chevalier sans peur mais non sans reproche » qui s’illustre en 1177 en prenant une large part à la victoire remportée sur Saladin à Montgisard par le roi Baudouin IV le Lépreux. 1181 : Renaud de Châtillon, malgré la trêve conclue, razzie une caravane musulmane passant à proximité de Kérak, ce qui conduit Saladin à attaquer le royaume de Jérusalem. Renaud riposte en lançant sur la mer Rouge plusieurs navires qui attaquent et pillent les navires musulmans ainsi que les ports installés sur les deux rives, en Nubie aussi bien qu'au Hedjaz ou au Yémen. Ces pirates sont finalement défaits, pris et exécutés par les Musulmans mais, en 1183, Saladin vient assiéger le crac de Moab. L’arrivée de renforts conduits par Baudouin IV l’oblige à renoncer, mais il récidive en 1184, pour subir un nouvel échec.1187 : Renaud de Châtillon s’en prend de nouveau à une caravane musulmane et refuse, malgré la demande qui lui en est faite par le roi de Jérusalem Guy de Lusignan, de restituer les biens volés. Furieux, Saladin attaque le royaume de Jérusalem. Victorieux à Hattin, près du lac de Tibériade, il fait exécuter Renaud de Châtillon qui a été fait prisonnier. Ce n’est cependant qu’en novembre 1188 que Saladin parvient à s’emparer de Kérak où les défenseurs lui opposent une résistance farouche. La place de Montréal résiste, elle, jusqu’en mai 1189. C’est ainsi que se termine l’histoire de la Terre d’Oultre-Jourdain commencée en 1100 avec le voyage de reconnaissance effectué par Baudouin quelques semaines avant qu’il ne reçoive la couronne de Jérusalem. 4 octobre 1187 : Après sa victoire d’Hattin, remportée sur le roi de Jérusalem Guy de Lusignan sur les bords du lac de Tibériade (4 juillet), Saladin s’empare de Jérusalem. Mais à l’occasion de la sixième croisade, l’empereur Frédéric II obtient la restitution de la Ville sainte et une paix de dix ans, la plus longue que le droit musulman permette avec des infidèles (traité de Jaffa, 1229). 1244 : Conquise par les Turcs khwarizmiens, après avoir été pour un temps récupérée par l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen, Jérusalem est définitivement perdue pour les croisés. 3 septembre 1260 : Bataille d'Ayn Jalout, en Palestine. Après s’être débarrassés des Turcs khwarizmiens en 1246, les Mamelouks repoussent les Mongols qui ravagent la région depuis une vingtaine d’années. Dès 1289, ils déferlent sur le littoral syro-palestinien, à l’assaut des ultimes enclaves franques. Acre tombe le 28 mai 1291, et les derniers croisés s’embarquent pour la Cilicie, Rhodes ou Chypre. Les deux siècles de présence latine au Levant s’achèvent. La dynastie des Mamelouks va dominer la région de façon exclusive jusqu’en 1516. 24 août 1516 : Bataille de Marj Dabek, au nord d’Alep.

 

Les Ottomans

Les Turcs ottomans de Selim Ier écrasent les Mamelouks. Leur domination va durer quatre siècles, jusqu’en 1918. La Jordanie est rattachée à la province ottomane de Syrie, divisée en trois pachaliks (Alep, Tripoli et Damas), mais le Sud de la province, prolongée jusqu’à Akaba pour assurer la sécurité de la route du pèlerinage vers les lieux saints de l’islam, ne sera jamais vraiment soumis ni occupé par les Turcs.  1908 : Ouverture de la ligne de chemin de fer du Hedjaz, dont la construction a débuté en 1900. Reliant Damas à Médine, elle vise à améliorer la route du Hadj, à savoir la desserte des lieux saints de Médine et de La Mecque, mais aussi à contribuer au désenclavement, tant commercial que logistique, des parties méridionales de l’empire, où dominent les grandes tribus bédouines. 1912 : A l’occasion de la réunion d’un Parlement ottoman, dont la mise en place constitue l’une des réformes politiques engagées par les Jeunes Turcs arrivés au pouvoir à Constantinople en 1908, l’émir Abdallah est désigné pour représenter La Mecque, dont son père Hussein Ibn Ali est le chérif. Abdallah deviendra vice-président du Parlement, tandis que son frère Fayçal y représente la ville de Djeddah. Les Bédouins disposent dès lors d’une représentation politique officielle au sein d’un empire agité par l’exacerbation des sentiments nationalistes, qui se développent chez les chrétiens comme chez les musulmans, et prennent pour cible l’occupation turque, présentée par les nationalistes arabes comme la « nuit ottomane ».

 

La révolution arabe

La première guerre mondiale fournit aux Arabes l’occasion d’en finir avec la domination ottomane, mais les espoirs entretenus par les Hachémites de La Mecque, encouragés par les Britanniques soucieux de mobiliser à leurs côtés les Arabes contre les Turcs, sont rapidement déçus, du fait de la volonté des grandes puissances du moment – l’Angleterre et la France – de se partager le « Croissant fertile » proche-oriental, en ne tenant aucun compte des aspirations « nationales » des Arabes.

16 mai 1916 : L’accord Sykes-Picot entre la Grande-Bretagne et la France, forte de sa mission de protection des chrétiens du Levant, concède à cette dernière une zone d’influence spécifique dans la région. Etendu à la Russie, cet accord secret contredit les engagements pris par Londres auprès des Arabes. Chacun des trois pays signataires se voit en effet attribuer de larges zones d’administration directe ou d’influence. Un dernier petit territoire, à peine plus vaste que le sandjak de Jérusalem, serait placé sous administration internationale. Le texte de l’accord avec la Russie (qui sera rendu public et dénoncé par les Bolcheviks en 1917) lui donne le nom de Palestine, laquelle serait donc exclue, pour les puissances de l’Entente, du Royaume arabe à venir. 

5 juin 1916 : Le chérif Hussein proclame l’indépendance du Hedjaz qui ne se reconnaît plus comme vilayet de l’Empire ottoman. C’est le signal de la grande révolte arabe contre les Turcs, qui débute le 10 juin, conduite par Hussein et ses trois fils, Fayçal, Ali et Abdallah.

 2 novembre 1917 : Déclaration Balfour, qui décide la fondation d’un « foyer national juif en Palestine ». Responsable du Foreign Office, lord Balfour cède aux pressions du Congrès juif mondial soucieux de promouvoir la cause du sionisme. Après avoir vainement attendu du sultan ottoman et de son allié le Kaiser Guillaume II l’ouverture de perspectives en vue de l’établissement en Palestine, sur le territoire de l’ancien royaume d’Israël, d’un « Etat des Juifs » réclamé depuis 1897 par Theodor Herzl et ses partisans fondateurs du mouvement sioniste, les responsables juifs mettent désormais leurs espoirs dans l’Angleterre dont tout laisse désormais penser, qu’avec l’aide américaine, elle sortira victorieuse du conflit devenu mondial.

 

La création de Transjordanie

27 mars 1921 : Les Britanniques séparent officiellement la Transjordanie du mandat palestinien pour confier à Abdallah ce nouvel émirat, dont la capitale est fixée à Amman.

22 au 25 mars 1946 : Fin du mandat britannique, remplacé par un traité d’alliance entre la Grande-Bretagne et la Transjordanie, qui accède ainsi officiellement à l’indépendance le 25 mars.

 

 

La tragédie de la Palestine

29 novembre 1947 : L’organisation des Nations unies (ONU), saisie par la Grande-Bretagne, adopte la résolution 181/II prévoyant la constitution de deux Etats indépendants en Palestine, l’un arabe, l’autre juif, et d’une zone internationale à Jérusalem sous contrôle de l’ONU, les trois entités devant constituer une union économique. Ce plan est vivement contesté par les Arabes, d’autant plus que les forces sionistes profitent du retrait progressif des troupes britanniques pour occuper rapidement des points stratégiques en dehors des régions dévolues au futur Etat juif. Le 11 mai 1948, Abdallah rend responsable de ces reculs le Haut-Comité arabe pour la Palestine présidé par le grand mufti de Jérusalem, Hadj Amin el-Husseini, s’affichant ainsi comme un recours pour les Arabes établis à l’ouest du Jourdain. 15 mars 1948 : Un nouveau traité conclu avec la Grande-Bretagne permet au Royaume hachémite de s’affranchir définitivement de la tutelle britannique, tout en instituant pour vingt ans une alliance politique et militaire étroite entre les deux pays, Londres conservant par ailleurs les droits d’utilisation de deux bases aériennes et de transit de ses troupes en cas de conflit dans la région. La Transjordanie dispose d’une armée réduite mais solide, dont elle va pouvoir faire l’instrument de ses visées géopolitiques immédiates dans le bassin du Jourdain.

 

La guerre arabo-israélienne

14 mai 1948 : La proclamation unilatérale de l’Etat d’Israël déclenche la première guerre israélo-arabe. Dès le 15 mai, la décision de la Grande-Bretagne de mettre fin à son mandat et d’évacuer la Palestine laisse le champ libre aux belligérants. Engagée dès le début des hostilités, entre le 18 et le 23 mai, la Légion arabe d’Abdallah enlève la vieille ville de Jérusalem avant de s’assurer le contrôle de la Samarie et d’une partie de la Judée, qui devaient faire partie de l’Etat palestinien selon le plan de partage de l’ONU. Un cessez-le-feu est signé dès le 15 juillet. La Transjordanie décrète en septembre 1948 une « union » avec la Cisjordanie, formée de la Samarie et de la partie de la Judée occupées par la Légion arabe. Abdallah prend le titre provisoire de roi de Palestine en décembre 1948, suite à la convocation à Jéricho d’un « Congrès palestinien » en réponse à un premier congrès réuni à Gaza sous la présidence de Hadj Amin el-Husseini qui avait proclamé, avec le soutien de l’Egypte et de la Ligue arabe, la constitution d’un « gouvernement arabe pour toute la Palestine ». 

24 janvier 1949 : Union des deux rives du Jourdain. Hussein se proclame « roi de Jordanie » en annexant formellement la Cisjordanie, ainsi que Jérusalem-Est

2 mars 1956 : Hussein congédie Glubb Pacha, le chef de ses forces armées, à qui est reproché un manque d’énergie dans la défense des frontières occidentales du royaume, face à la pression de l’Etat hébreu. Les derniers militaires britanniques encadrant encore la Légion arabe, et disposant de bases militaires permanentes, quitteront la Jordanie en 1958,

28 mai-2 juin 1964 : Réunion à Jérusalem d'un Congrès national palestinien visant à la création formelle d’une Organisation de libération de la Palestine (OLP), autorisée par les pays arabes lors du sommet du Caire, et qui reçoit le soutien du roi Hussein.

 

Le désastre de 1967 (la guerre des 6 jours)

31 mai 1967 : Sous la pression de l’agitation pro-palestinienne qui gagne son armée, le roi Hussein signe au Caire un accord de défense avec l’Egypte, elle-même liée à la Syrie par un pacte de défense mutuelle depuis novembre 1966. Avec la fermeture par Nasser du détroit de Tiran, le 22 mai précédent, la guerre semble inévitable. Israël prend l’initiative de l’offensive dès le 5 juin. 5-11 juin 1967 : A l’ occasion de la troisième guerre israélo-arabe (guerre des Six Jours), l’Etat hébreu s’empare de Jérusalem-Est et de la rive occidentale du Jourdain (Cisjordanie), qui avaient été annexés au royaume jordanien en avril 1949.

 

Septembre noire 1970

Sur son territoire, et qui sont à l’origine de nombreux incidents frontaliers avec Israël. 1er février 1969 : Yasser Arafat devient secrétaire général du Conseil exécutif de l’OLP. Mai 1970 : Amplification des heurts entre l’armée jordanienne et les commandos palestiniens aux abords des camps de réfugiés. 7 août 1970 : Comme Nasser, Hussein accepte le plan de paix israélo-arabe proposé par le secrétaire d’Etat américain Rogers. 1970 : « Septembre noir ». Après que le FPLP de Georges Habache a détourné plusieurs avions de ligne qu’il fait atterrir dans le désert jordanien, Hussein, pressé par son armée, décide de mettre au pas les fédayins. Les combats débutent le 17 septembre par l’offensive générale de la Légion arabe contre les positions de l’OLP à Amman et dans le Nord du pays. La pénétration d’unités blindées syriennes en territoire jordanien pour porter secours aux Palestiniens signale la profondeur de l’irrédentisme syrien, la Syrie arguant que la Jordanie du Nord, au moins jusqu’à Amman, naguère rattachée au vilayet de Damas, fait partie de son espace économique, social et politique. Il faut une véritable bataille rangée (103 chars détruits), les pressions et menaces internationales, ainsi que toute l’autorité d’Hafez El-Assad à Damas pour éviter une confrontation plus grave entre les deux pays. Les accords jordano-palestiniens des 27 septembre et 13 octobre signés sous l’égide des pays arabes ne suffisent pas à interrompre le conflit.

 

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